Sans titre

Un article qui énerve quand même un petit peu, à croire qu'on ne fait pas d'effort


A croire que nous sommes vraiment dingues! Je mets un avertissement devant cet article car si un non-fibro tombe sur ça c'est bon on est catalogué encore moins bien! Je vous laisse lire cela.

Forum de la douleur 11 mars 2006 à Paris

Fibromyalgie

Ni mythe ni polémique...

Loin d’être en elle-même un mythe, la fibromyalgie correspond non seulement à l’expression d’une souffrance sociale chez des sujets très fragiles psychologiquement, mais aussi à un réel défaut d’efficacité du système de contrôle de tous les types de douleur. Multifactorielle, la prise en charge thérapeutique de ces patients valorise tout particulièrement l’activité physique.

Un entretien avec le Dr Patrick Ginies*

LE QUOTIDIEN – La fibromyalgie est à l’heure actuelle un sujet très polémique, n’est-ce pas ? Dr PATRICK GINIES – Il n’y a absolument pas lieu de créer une polémique quand on évoque la fibromyalgie, et ce pour une raison très simple : comme toute maladie, elle est l’expression d’un malaise social. En d’autres termes, comme la tuberculose au début du siècle était liée à la pauvreté ou l’émergence croissante des cancers est actuellement liée au vieillissement de la population, la fibromyalgie est un phénomène nouveau de plainte douloureuse difficilement réductible à un seul facteur étiologique, reflet d’une souffrance sociale d’une partie de nos concitoyens qui n’arrivent pas ou plus à assumer la compétition existant dans le monde d’aujourd’hui. Ces concitoyens expriment leur mal-être par un défaut de gestion de douleurs corporelles qui, chez d’autres, seraient considérées comme banales. Ces sujets plus prédisposés psychologiquement rentrent dans le cadre de personnalités à versant dépressif, hypocondriaque ou névrotique. Par ailleurs, si les troubles musculo-squelettiques – biens réels – de ces patients sont très difficilement analysables biologiquement, les techniques modernes d’évaluation du phénomène douloureux mettent en évidence un défaut d’efficacité du système de contrôle de tous les types de douleur qui est, quant à lui, quantifiable et visualisable en imagerie cérébrale fonctionnelle de recherche.

Nous avons donc une triple causalité de la fibromyalgie : un contexte social, un terrain psychologique fragilisé et un défaut de contrôle du phénomène douloureux au sens large. Vous voyez donc bien qu’il n’y a ni mythe ni polémique !!!
Ce tableau de la fibromyalgie étant brossé, quels en sont les critères diagnostiques ?
L’American College of Rheumatology pose le diagnostic de fibromyalgie devant des douleurs musculaires spontanées diffuses renforcées à la palpation. Pour expliquer ce phénomène, on évoque une perturbation du signal de tension tendineuse au niveau des terminaisons nerveuses des tendons musculaires qui fait que ce signal transforme la tension en douleur.

Devant cette banalité clinique, que peut faire le médecin ?

Le médecin doit axer sa prise en charge selon quatre grands axes thérapeutiques après avoir nommé et expliqué la maladie :

– les soins physiques lors des poussées douloureuses : sous couvert d’antalgiques, d’acupuncture, de réflexothérapie…
– la relaxation ou l’hypnose pour diminuer cette tension musculaire permanente dans un contexte de nervosité, et le soutien psychologique pour apprendre au patient à gérer sa douleur ;
– la prescription d’antidépresseurs inhibant la recapture de la sérotonine car, ils agissent sur les voies de conduction de la douleur chronique ;
– l’activité physique, la crainte de la douleur étant à l’origine d’une inactivité et d’un déconditionnement musculaire et cardio-vasculaire.

Ce dernier axe thérapeutique est fondamental car, non seulement il améliore l’endurance, la force et la souplesse musculaires, mais il est à l’origine d’une sensation de bien-être du patient et entraîne une reprise de confiance en lui, tout en jouant un incontestable rôle social.

Tous ces facteurs contribuent à rompre le cercle vicieux de la douleur chronique.

En pratique, quel(s) type(s) d’activité physique le médecin peut-il prescrire et selon quelle grille de progression ?

Les activités physiques qui ont un intérêt majeur chez le fibromyalgique sont la marche soutenue, la course, le vélo, la natation en endurance.

Le médecin doit conseiller de commencer par une durée de cinq à dix minutes, puis d’augmenter progressivement en fractionnant éventuellement l’effort par de courtes périodes moins soutenues. L’objectif est d’obtenir du patient quarante-cinq minutes de marche ou une heure de vélo ou trente minutes de natation, trois ou quatre fois par semaine.

En pratique, l’exercice physique doit être adapté au type de douleur et débuté hors des poussées douloureuses, de manière empirique, par un exercice légèrement inférieur à celui que le patient se sent capable de faire. Ces exercices en endurance sont généralement bien tolérés, avec parfois initialement des douleurs musculaires à type de courbatures. Ils ont par ailleurs bien d’autres aspects bénéfiques au plan des performances cardio-vasculaires, de l’amélioration de la densité osseuse ou encore de la réduction de l’anxiété et peuvent être complétés, dans un deuxième temps, par des exercices de renforcement musculaire type stretching ou aquagym.

En conclusion, je voudrais rappeler que la fibromyalgie est l’expression d’un refuge identitaire, d’où l’intérêt d’une prise en charge intégrant simultanément plusieurs grands axes thérapeutiques. Parmi ceux-ci, l’activité physique joue un rôle majeur et les résultats les meilleurs sont obtenus avec les programmes d’activité individualisés qui induisent une meilleure motivation du patient et peuvent conduire à une démédicalisation.

PROPOS RECUEILLIS PAR LE Dr DELPHINE OLIVIER

* Hôpital Saint-Eloi, Montpellier.

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