Sanofi Pasteur MSD et GlaxoSmithKline mis en examen

Les responsables des deux multinationales pharmaceutiques Sanofi Pasteur MSD et GlaxoSmithKline ont été mis en examen, jeudi 21 janvier, pour "tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d'un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l'homme". Cette mise en examen est le dernier épisode en date d'une affaire judiciaire qui, depuis dix ans, a connu de multiples rebondissements. Elle porte sur les conditions dans lesquelles ces deux firmes ont commercialisé, dans les années 1990, un vaccin contre l'hépatite virale de type B.

Lancée par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la santé, une campagne nationale de vaccination contre cette infection avait concerné près de vingt millions de personnes entre 1994 et 1998. L'apparition de certaines manifestations neurologiques, des poussées de sclérose en plaques notamment, chez des personnes vaccinées, avait conduit les autorités sanitaires à lancer une série d'études épidémiologiques pour rechercher l'existence d'un lien de causalité entre la vaccination et ces manifestations. Ce lien n'a jamais pu être scientifiquement établi. On estime à 1300 le nombre des personnes vaccinées ayant présenté des troubles neurologiques.

OFFICIELLEMENT RECOMMANDÉE

A partir de 1997, plusieurs plaintes pénales avaient été déposées qui sont aujourd'hui instruites à Paris par la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy. Le dossier compte 29 parties civiles dont 5 représentent des personnes décédées. En 2005, la Cour de justice de la République avait classé sans suite une plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui" visant d'anciens ministres de la santé : Jean-François Mattei, Bernard Kouchner et Philippe Douste-Blazy.

"Nous sommes satisfaits dans la mesure où ces mises en examen confortent notre thèse selon laquelle les recommandations en vue de la vaccination n'étaient pas conformes aux risques véritables, a déclaré à l'Agence France-Presse Me Bernard Fau, l'un des avocats des parties civiles. La recommandation d'une vaccination à grande échelle allait très au-delà des populations à risque, comme les toxicomanes ou les professionnels de santé, notamment en ce qui concerne la vaccination scolaire généralisée." Pour leur part, les responsables de Sanofi Pasteur MSD, qui estiment que les accusations les concernant ne sont pas justifiées, ont fait savoir qu'ils allaient collaborer au mieux avec le juge d'instruction. En France, la vaccination contre l'hépatite B demeure officiellement recommandée pour les nourrissons.

Jean-Yves Nau
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