Poème en prose

Un mal destructeur

Un mal me ronge au plus profond de mon être
Un mal qui n’a qu’un seul nom mais de multiples visages
Si on essaie de le faire partir, il se rebelle et s’acharne encore plus
Pas beaucoup de gens le connaissent et c’est cela qui le rend plus fort
Il s’empare de moi, sans prévenir, sans pitié
Lorsqu’il est présent, il ne veut plus me quitter
C’est un serpent rampant dans mes membres
Une vipère qui jette son venin en moi
Un charognard qui dévore mes entrailles
Malgré ma volonté rien ni personne ne peut l’arrêter
J’essaie de l’oublier mais il revient à la charge
Il veut peut être me punir de quelque chose
De vouloir vivre ma vie pleinement et être heureuse ?
Ne veut-il pas me laisser un brin de bonheur ?
Il ne veut que mon malheur et aime à me voir souffrir
Part ! Mal de mon âme, de mon corps
Oublie moi et laisse le calme s’installer en moi
Laisse moi un peu de répit que je puisse simplement vivre.
Mais mes paroles sont vaines, il ne bouge pas
Il a fait son nid et ne part pour se nourrir de ma chair
Il se nourrit de moi, peu à peu
Il me grignote, me perce tel un ver dans une pomme
Se tortille, se tourne, se propage, se tord
Il boit ma vitalité, mon énergie, ma santé
S’abreuve de mon mal, et vit à travers ma douleur
Il ri de ce qu’il m’arrive, et se moque de moi
Il ne veut plus qu’une seule chose que je craque
Mais l’on me retient fortement et je ne peux pas basculer
Je n’ai pas la force d’aller de l’autre côté
Je ne peux que me résigner à rester dans ce monde
Je pourrais partir loin d’où je vis et tout recommencer
Mais lui, ne me lâchera pas, partout où j’irais il ira
C’est une sangsue énorme qui suce ma vie et me fait mourir
Ce mal est tellement ancré en moi qu’il ne se voit pas
Il m’entoure comme une deuxième enveloppe corporelle
Il se fond, s’incruste, pénètre ma chair, mes organes
Il est tellement invisible que les autres ne le voient pas
Et je dois décrire ce mal, cette douleur qui me ronge
Il est tellement vicieux qu’il arrive à disparaître de ma pensée
J’arrive même à l’oublier, mais lorsqu’il part vraiment
C’est un poids qui soudain s’en va, ou plutôt s’éclipse
Il est comme une lourde charge qu’on vient d’enlever
Et quand il part on se sent soulagé comme libéré d’une chaîne
Comme une pression intense qui soudain se desserre
Comme une chimère il me pèse
Telle une charge que l’on enlève soudain et qu’on se sent soulagé
Mais le répit ne dure pas et revient encore plus violent
Parfois, je me dis qu’il est parti, mais ce n’est qu’une illusion
Il continue son travail de destruction, et je le porte sans cesse
Personne ne peut imaginer ce que je ressens
C’est un cercle que je veux rompre
C’est une chaîne que je veux casser sans compassion
Si cela était si simple cela ferait longtemps que je l’aurais fait
Le mal est là, il ne bouge pas mais se répand
Il est la pollution de mon corps et mon cœur
Il me fait déprimer parfois
Car je réfléchis trop sur ce qu’il me fait endurer
Il ne me donne plus envie de me battre
Mais combattre avec des armes que je n’ai pas est impossible
Alors je le laisse faire, je le laisse m’affaiblir
Il ne fait pas souffrir seulement dans mon corps
Il m’énerve, m’irrite, me rend irascible
Parfois, je traduis ce mal par un comportement inhabituel
Mon visage se ferme, je ne veux plus rire, je ne peux plus rire
Je n’arrive plus à réfléchir, il s’empare de mon esprit
Il ne me fait penser qu’à lui, qu’à sa substance immatérielle
Il me nargue car je ne peux pas l’attraper
Il est comme une ombre maléfique qui ne serait pas hors de moi mais à l’intérieure
Ce mal n’était pas comme cela avant, il ne touchait que quelques endroits
Mais il a pris part à ma vie et a pu trouver mes failles
Bousculant les barrières, pénétrant dans des recoins étroits
Il me connaît mieux que moi-même
Il connaît mes faiblesses et en profite pour attaquer quand ça va mal
Il me dirige comme une marionnette, un pantin de bois
J’arrive même à penser qu’il à sa volonté propre
Qu’il commande mes bras, mes jambes… mon cerveau
Je ne reconnais pas mon corps quand il est présent
C’est un intrus, il le sait mais reste tout de même
Ce parasite m’épuise, je n’ai plus de force
Je n’ai plus la volonté de le combattre car c’est un combat vain
Je suis fatiguée de toujours devoir justifier sa présence
J’en ai assez de le voir me détruire, de le voir m’anéantir
Je perds le contrôle de ma vie, de mon âme
Il arrive à détruire en un seul coup de poignard tous mes rêves
Personne ne veut m’aider pour le faire partir
On m’enfonce en me disant que je l’ai créé
Mais si c’était le cas je veux qu’il parte, et il ne m’écoute pas
Je ne suis pas la créatrice d’un mal que je ne contrôle pas
Arrêtez de le dire ! Arrêtez de me faire douter !
Aidez moi plutôt à l’éloigner ! Aidez moi à m’en sortir
Essayez d’arriver à ce qu’il ne me fasse plu peur
Car il n’attend plus qu’une chose pour partir : que je meurs

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